• crédit bancaire: textile, tourisme, métallurgie… Les secteurs mal servis

    Publié le: 31 octobre 2018

    Des secteurs importants de l’économie marocaine, pourvoyeurs de devises et assurant un nombre important d’emplois, affichent à fin septembre 2018 un encours de crédits bancaires qui évolue défavorablement et dont le poids est insignifiant. Ralentissement économique, activités « blacklistées » par les banques, difficultés de certains opérateurs, niveau d’impayés accumulés… Les raisons sont multiples et complexes.

    Comme annoncé mardi 30 octobre, le crédit bancaire évolue toujours timidement avec une croissance de 2,5% à fin septembre par rapport à la même période en 2017, soit un encours de 851,4 milliards de DH.

    Le plus marquant est la quasi stagnation des prêts aux entreprises privées (+1,1%) alors que la croissance des financements aux entreprises publiques est toujours forte (+11%).

    Toutefois, certains secteurs se portent mieux que d’autres, selon la ventilation du crédit bancaire par branche d’activité, actualisée par Bank Al-Maghrib à fin septembre. Cette ventilation ne permet malheureusement pas de distinguer entre privé et public, mais elle permet tout de même de fournir de précieux renseignements.

    Ainsi, les crédits au secteur primaire (agriculture et pêche) évoluent plus vite que l’encours global: +14,6%, à 34,8 milliards de DH. Une forte croissance qui cache une baisse de 13% des crédits de trésorerie et une envolée de 48% des prêts à l’équipement du secteur qui montent à 19,1 milliards de DH.

    Le secteur secondaire fait également mieux que le marché global du crédit: +4,1% à 249 milliards de DH. Toutefois, il cache des évolutions disparates en fonction des branches d’activités.

    Les prêts aux industries extractives augmentent fortement: +16,8%, à 17 milliards de DH, portés par les crédits d’investissement qui augmentent de 30% et qui représentent l’essentiel de l’encours de cette branche.

    Le financement des industries manufacturières évolue favorablement aussi: +7,2%, à 88,2 milliards de DH.

    Notons toutefois la baisse des crédits aux industries textiles et habillement: -1%, à 6 milliards de DH. Une évolution incompréhensible et un niveau d’encours ridiculement bas compte tenu du poids et des performances de cette activité dans l’économie marocaine, notamment à l’export. Il faut dire que le secteur est «blacklisté» par les banques en raison de l’informel, des impayés et des fermetures d’unités qui l’ont marqué durant des années.

    De même, les prêts aux industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques font du surplace, à 19 milliards de DH. Une stagnation qui intervient alors que des fleurons de la construction métallique lourde sont en difficultés: Stroc, Buzzichelli, DLM.

    Les autres activités de l’industrie manufacturière se portent mieux: l’alimentaire et tabac voit ses financements croître de 14%, à 32 milliards de DH, grâce à une envolée des crédits de trésorerie qui a compensé la baisse des crédits à l’équipement.

    Les industries chimiques font également mieux que le marché: +13,7%, à 11,5 milliards de DH. Aussi bien le financement de la trésorerie que de l’équipement évoluent favorablement.

    La branche électricité, gaz et eau a vu ses crédits baisser de 7,4%, à 47 milliards de DH en raison de la baisse des crédits de trésorerie et d’équipement.

    Enfin, le BTP confirme le début de reprise de ses activités: 97 milliards de DH de crédits, en hausse de 5,7%.

    Les prêts au secteur du commerce font du surplace

    Dans le secteur tertiaire, les crédits évoluent faiblement: +1,2%, à 566,7 milliards de DH. Et encore, ils sont portés par les prêts aux ménages qui constituent la moitié de l’encours et qui progressent de 3,5%. Autrement dit, les financements aux entreprises font du surplace voire reculent.

    En effet, les crédits des activités financières et du commerce stagnent respectivement à 121 milliards de DH et 55,6 milliards de DH.

    Pour sa part, le secteur des hôtels et restaurants affiche une baisse de 6%, à 15,5 milliards de DH. Comme pour le textile, cette évolution et ce niveau d’encours ne sont pas corrélés aux performances du secteur ces dernières années et à son poids en termes de recettes en devises. En fait, le secteur a toujours été considéré comme risqué par les banques, hormis quelques opérateurs structurés qui accèdent au financement bancaire.

    Enfin, le secteur des transports et communications voit ses crédits augmenter de 4,7%, à 40,5 milliards de DH, portés principalement par l’investissement.

    source : medias24.com

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