• trois questions autour du plastique dans l’emballage des tomates en barquette: comment s’en passer?

    Publié le: 16 décembre 2020

    Se passer du plastique pour emballer les tomates en barquette? « On n’y arrivera pas seuls », dit à l’AFP Céline Montauriol, directrice RSE du groupe Azura, producteur de tomates franco-marocain, basé à Perpignan et Casablanca, qui livre notamment la grande distribution française.

    Qu’avez vous fait pour réduire les emballages plastiques?

    Comme beaucoup, nous avons eu une prise de conscience en 2015 avec la COP21. Depuis, le groupe a réduit sa consommation de plastique de 1.200 tonnes. Notre premier plan d’action a porté sur la réduction du grammage, l’adoption du plastique recyclé (PET) au lieu du polypropylène (PP) non recyclable. En dix ans, nous avons réduit de 43% le volume de plastique par kilo de tomate, notamment en enlevant «l’oreiller de plastique» qui entourait la barquette. Mais ce n’est pas un aboutissement.

    Prévoyez-vous d’aller plus loin ?

    Nous sommes déjà carbone neutre, nos émissions sont réduites ou compensées sur des projets éoliens ou d’énergie renouvelable au Maroc. On investit via un partenaire qui garantit que les projets sont conformes aux objectifs onusiens. Dans le domaine de la tomate, nous sommes les premiers à avoir compensé toutes nos émissions de gaz à effet de serre.

    Par ailleurs, l’analyse de cycle de vie de nos produits prend en compte la consommation d’intrants, d’eau et leur impact sur l’environnement. Or, nous nous sommes rendus compte que pour fabriquer une barquette en carton, il nous fallait 0,87 litre d’eau, quasiment un tiers de plus que pour une barquette en plastique (0,62 litre), alors que leur bilan carbone est quasiment le même, vu qu’on utilise du plastique recyclé. Du coup, nous avons de vrais débats en interne. Si on passe au carton, on va augmenter la consommation d’eau, ce qui est un sujet important au Maroc.

    Pensez-vous qu’il soit possible de se passer complètement du plastique dans l’emballage alimentaire?

    C’est le grand saut que devrait faire la génération qui vient. On est encore une génération dépendante de la bouteille d’eau. Il n’y a sans doute pas encore assez de réflexion à l’intérieur de la corporation et de la filière emballage. Tout le monde n’a pas percolé sur les enjeux climat, notamment les fournisseurs, les marques non plus. Lorsque nous produisons des tomates pour des marques de distributeurs, nous n’avons pas la maîtrise des emballages. Tout le monde ne va pas à la même vitesse et c’est un peu chacun dans son coin, avec des ambitions purement marketing sur l’emballage, sans ambition climatique, sans argument scientifique. D’ailleurs je remarque que sur les sujets de l’eau, ou du bien-être animal, il y a beaucoup d’ONG qui prennent la parole, alors que sur le plastique, on n’entend quasiment personne. On n’y arrivera pas seuls et on ne pourra se passer du plastique que si on avance tous en même temps, avec nos clients. Pour en sortir, il faudrait qu’on se mette tous autour d’une table.

    source : le360.ma

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